PeerBerry : la plateforme P2P qui fait parler d’elle vaut-elle vraiment le détour ?

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Le livret A à 3 %, les fonds euros qui soufflent le chaud et le froid, et les actions qui donnent des sueurs froides au moindre tweet d’un grand patron. Face à tout ça, le crowdlending P2P a de quoi séduire. Et parmi les plateformes qui se sont imposées en Europe ces dernières années,

PeerBerry revient régulièrement dans les conversations d’investisseurs qui cherchent un rendement correct sans se prendre trop la tête.

Mais en 2025-2026, la réalité est un peu plus nuancée qu’au lancement. Les rendements ont baissé, les avis sont plus mitigés qu’avant, et quelques questions méritent une réponse franche avant de sortir la carte bleue. C’est exactement ce qu’on fait ici.

Qu’est-ce que PeerBerry exactement ?

PeerBerry est une plateforme de financement participatif en prêts, fondée en juin 2017 par Aventus Group. Officiellement enregistrée sous le nom « AV Marketplace » en Lettonie, la plateforme opère physiquement depuis Vilnius, en Lituanie. Son siège légal est aujourd’hui basé à Zagreb, en Croatie.

Concrètement, PeerBerry ne prête pas directement de l’argent. Elle joue le rôle d’intermédiaire entre vous, investisseur, et des sociétés de crédit appelées loan originators – des entreprises qui accordent des prêts à des particuliers ou des entreprises, et qui ont besoin de refinancement.

En d’autres termes, vous prêtez votre argent à ces sociétés, qui elles-mêmes le reprêtent à leurs clients finaux. Vous récupérez vos intérêts à intervalles réguliers. Simple sur le papier.

Les chiffres donnent le vertige : fin 2025, la plateforme comptait près de 113 000 utilisateurs vérifiés, et le total des prêts financés depuis le lancement dépassait les 3,24 milliards d’euros. Le ticket d’entrée est à 10 euros par prêt, et les retraits s’effectuent généralement en 24 à 48 heures.

Comment fonctionne l’investissement sur PeerBerry ?

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Vous déposez des fonds sur votre compte PeerBerry, puis vous choisissez comment les placer. Deux options s’offrent à vous : la sélection manuelle des prêts, ou l’auto-invest – un outil qui place automatiquement votre argent selon des critères que vous définissez (taux d’intérêt minimum, durée, pays d’origine du prêt).

La majorité des prêts disponibles sont des crédits à court terme, souvent inférieurs à 30 jours. PeerBerry travaille avec 28 sociétés de prêt issues de 13 pays différents, dont une large majorité appartient au groupe Aventus.

Ce qui rassure beaucoup d’investisseurs, c’est la garantie de rachat à 60 jours. Si un emprunteur final ne rembourse pas dans les temps, la société de crédit partenaire rachète votre prêt – intérêts inclus.

En complément, une garantie de groupe prévoit que les autres entités du réseau prennent le relais en cas de difficulté d’un partenaire.

Ce mécanisme a d’ailleurs été mis à l’épreuve lors de la guerre en Ukraine en 2022. Plus de 51 millions d’euros de prêts ont été affectés. Résultat : PeerBerry a remboursé intégralement tous les investisseurs concernés, en l’espace de trois ans. C’est un argument de poids que la plateforme met logiquement en avant.

Quel rendement peut-on vraiment espérer ?

La plateforme affiche des rendements allant jusqu’à 12 % par an. Dans la pratique, le taux de rendement interne moyen observé par les investisseurs actifs tourne autour de 10,94 % – ce qui reste attractif.

Mais voilà le revers : en 2025, les taux réels accessibles ont sérieusement baissé. Sans statut de fidélité (lié au montant investi sur la durée), il est difficile d’obtenir plus de 8,5 à 9 % de rendement. À ce niveau-là, certains analystes estiment que le rapport risque/rendement devient discutable face à d’autres placements.

L’autre problème, c’est le cashdrag – ce moment frustrant où votre argent dort sur votre compte sans trouver de prêt disponible. En 2025, le phénomène s’est accentué.

Des investisseurs témoignent devoir se connecter manuellement plusieurs fois par semaine pour placer leurs fonds, parfois avec des prêts qui disparaissent en moins de 10 secondes. Difficile d’appeler ça un investissement passif.

Notre avis sur PeerBerry : ce qui convainc et ce qui mérite réflexion

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PeerBerry a un track record sérieux. Depuis 2017, aucune perte définitive n’a été enregistrée par les investisseurs. C’est rare dans l’univers P2P, et ça mérite d’être souligné. Fin 2025, 100 % du portefeuille fonctionnait comme prévu, sans le moindre prêt en cours de recouvrement.

L’interface est propre, l’auto-invest facile à configurer, et le support client réputé réactif. Aucun frais sur les dépôts, retraits ou transactions. La plateforme publie régulièrement des statistiques et des rapports financiers, même si ceux-ci ne sont pas audités de manière indépendante – un point qui agace certains.

Du côté des points de vigilance : PeerBerry n’est pas régulée. Aucune autorité financière externe ne supervise ses pratiques. Sa longévité et sa gestion de crise lui donnent de la crédibilité, mais il n’y a pas de filet réglementaire en cas de problème grave.

L’autre risque, souvent sous-estimé, c’est la concentration : plus de 72 à 83 % des prêts disponibles proviennent du groupe Aventus. Si ce groupe rencontrait de sérieuses difficultés financières, la majorité de votre portefeuille serait exposée. C’est un risque de concentration qu’on ne retrouve pas autant chez des concurrents comme Mintos.

PeerBerry vs Mintos : laquelle vaut vraiment le détour ?

Mintos est le leader européen incontesté du P2P, avec des centaines de milliers d’investisseurs et des dizaines de partenaires issus de pays et secteurs très variés. PeerBerry arrive généralement en deuxième position des classements communautaires, mais les deux plateformes ne s’adressent pas tout à fait au même profil.

Mintos propose une diversification bien plus large : des milliers de prêts disponibles, des durées allant de quelques jours à plusieurs années, et différents types d’actifs (prêts à la consommation, immobilier, obligations). C’est la plateforme idéale si vous voulez tout contrôler et affiner votre stratégie.

PeerBerry, à l’inverse, mise sur la simplicité et la cohérence. Moins de choix, mais un fonctionnement plus guidé et un historique de remboursement sans accroc. Là où Mintos délègue les décisions à l’investisseur, PeerBerry accompagne ceux qui préfèrent une gestion semi-automatique.

Un autre point de différence notable : Mintos détient une licence d’établissement financier réglementé en Europe, ce que PeerBerry n’a pas. En contrepartie, PeerBerry ne présente aucun fonds bloqué en recouvrement – un avantage concret face aux 140 millions d’euros que Mintos peine encore à récupérer auprès de certains partenaires défaillants.

Quelles alternatives sérieuses à PeerBerry existent aujourd’hui ?

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Robocash est souvent cité en premier. Adossé au groupe UnaFinancial, actif en Asie, il finance exclusivement ses propres filiales avec une garantie de rachat à 30 jours – plus courte que chez PeerBerry. La gestion est très automatisée et les performances stables.

LANDE se distingue avec des taux encore autour de 13 % sur des prêts agricoles sécurisés. La plateforme propose régulièrement des bonus d’entrée attractifs et commence à se faire un nom sérieux en Europe.

Lendermarket et Swaper sont deux autres options liquides et bien notées, souvent recommandées par des investisseurs qui cherchent à compléter – ou remplacer – leur exposition à PeerBerry. Enfin, pour les amateurs de marchés moins conventionnels ou de prêts en devises étrangères, la plateforme Iuvo reste une piste à explorer.

Revenus : comment déclarer PeerBerry aux impôts en France ?

PeerBerry ne prélève rien à la source. C’est à vous, investisseur, de déclarer vos gains selon les règles fiscales de votre pays de résidence. La plateforme met à disposition un relevé fiscal téléchargeable depuis la section «  »Relevé » » de votre tableau de bord.

En France, les intérêts perçus sont soumis au Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU) de 30 % – soit 12,8 % d’impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux. Si votre tranche d’imposition est inférieure à 12,8 %, vous pouvez opter pour le barème progressif en cochant la case 2OP sur votre déclaration de revenus.

Contrairement aux plateformes françaises, PeerBerry ne transmet aucune information automatiquement à l’administration fiscale. C’est donc à vous de reporter manuellement vos gains dans le formulaire CERFA 2042.

Il faut également penser à déclarer votre compte à l’étranger via le formulaire 3916 si celui-ci a été ouvert ou a contenu des fonds au cours de l’année – même pour un euro.

Si votre revenu fiscal de référence de l’année N-2 était inférieur à 25 000 euros (50 000 euros pour un couple), vous pouvez demander une dispense du prélèvement de 12,8 % avant le 30 novembre de l’année en cours.

PeerBerry vaut-elle le coup en 2025 ?

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PeerBerry reste une plateforme sérieuse, avec l’un des meilleurs historiques du secteur. Son track record sans perte depuis 2017, sa gestion de la crise ukrainienne, et son interface accessible en font un choix cohérent pour qui veut s’exposer au P2P sans trop se compliquer la vie.

Mais les rendements de 2025 sont moins flamboyants qu’avant, le cashdrag est une vraie contrainte, et l’absence de régulation reste un risque à intégrer dans votre réflexion.

À envisager en complément d’un portefeuille diversifié, jamais comme unique placement – et avec une exposition raisonnée, pas au-delà de ce que vous seriez prêt à immobiliser quelques mois.