Un matin, vous ouvrez votre relevé bancaire et vous lisez : PRLV SEPA B2B DGFIP IMPOT. Panique ? Incompréhension ? Vous n’êtes pas seul(e).
Ce libellé un peu barbare désigne pourtant un mécanisme fiscal parfaitement légal – et désormais incontournable pour toutes les entreprises françaises. On vous explique tout, sans jargon superflu.
Qu’est-ce que la taxe DGFiP et pourquoi vous prélève-t-elle directement ?
La DGFiP, c’est la Direction Générale des Finances Publiques. En clair : c’est le bras armé de l’État pour collecter les impôts et taxes auprès des particuliers comme des professionnels. Rien de mystérieux là-dedans.
Ce qui a changé, c’est la façon dont elle récupère son dû. Depuis le 28 octobre 2015, l’administration fiscale prélève directement sur le compte bancaire des entreprises, via un système automatisé. Plus de chèques, plus de virements manuels à ne pas oublier : le fisc vient chercher lui-même ce qu’on lui doit.
Qu’est-ce qu’un prélèvement B2B ?

Le terme B2B signifie Business to Business – autrement dit, une transaction entre professionnels. Le prélèvement SEPA B2B est une variante du prélèvement bancaire classique, mais réservée exclusivement à la sphère professionnelle.
La différence majeure avec le prélèvement standard (dit SEPA Core, celui qu’on connaît pour payer son abonnement téléphonique) ? Il est irrévocable.
Une fois exécuté, vous ne pouvez pas demander un remboursement à votre banque comme vous le feriez pour un prélèvement ordinaire. C’est une garantie pour le créancier – ici, l’État – que le paiement ne sera pas contesté après coup.
Concrètement, le prélèvement B2B DGFiP, c’est donc le mécanisme par lequel l’administration fiscale débite automatiquement votre compte professionnel pour régler vos obligations fiscales : TVA, impôt sur les sociétés, cotisation foncière des entreprises, et bien d’autres.
Comment savoir a quoi correspond un prélèvement dgfip ?
Le libellé de base – PRLV SEPA B2B DGFIP IMPOT – peut être complété par des codes supplémentaires qui en disent beaucoup sur la nature du prélèvement.
- PRLV SEPA B2B DGFIP IMPOT ECH : le prélèvement correspond à une échéance fiscale précise (une déclaration de TVA, un acompte d’IS…).
- PRLV SEPA B2B DGFIP IMPOT MDT : la mention MDT renvoie au mandat de prélèvement – le document que vous avez signé pour autoriser ce débit.
- FRAIS PRLV IMP B2B DGFIP : il s’agit cette fois des frais bancaires liés à l’opération, selon les conditions de votre établissement.
Chaque prélèvement est également associé à une RUM (Référence Unique de Mandat), un identifiant qui permet de tracer précisément l’autorisation de débit. Si vous ne reconnaissez pas un montant, c’est dans votre espace professionnel sur le site des impôts que vous trouverez la réponse – rubrique « »Mes paiements » ».
Quels impôts sont prélevés par ce système ?
Voici les taxes qui transitent couramment par ce canal :
| Impôt / Taxe | Fréquence habituelle |
|---|---|
| TVA | Mensuelle ou trimestrielle |
| Impôt sur les sociétés (IS) | 4 acomptes + solde annuel |
| Cotisation foncière des entreprises (CFE) | Annuelle (décembre) |
| Taxe sur les salaires | Mensuelle ou annuelle |
| Acomptes IR (indépendants) | Mensuelle ou trimestrielle |
Pour l’impôt sur les sociétés, les acomptes tombent les 15 mars, 15 juin, 15 septembre et 15 décembre. Le solde est réglé au plus tard le 15 du quatrième mois après la clôture de l’exercice – soit généralement le 15 avril pour les sociétés calées sur l’année civile.
Comment mettre en place ce prélèvement – le mandat SEPA B2B (prlv sepa b2b dgfip impot ech)

Rien ne se fait sans un document clé : le mandat de prélèvement SEPA B2B. C’est l’autorisation officielle que vous donnez à la DGFiP pour débiter votre compte. Sans lui, aucun prélèvement n’est possible – et si votre déclaration de TVA est en attente de paiement, le rejet est automatique.
Bonne nouvelle : le mandat est disponible pré-rempli dans votre espace professionnel sur le portail des impôts, rubrique « Gérer mes comptes bancaires » puis « Éditer le mandat ». Vous n’avez qu’à vérifier les informations, imprimer, signer et transmettre le document à votre banque.
Attention, c’est ici que beaucoup d’entrepreneurs se font piéger : signer le mandat ne suffit pas. C’est votre banque qui doit l’enregistrer pour activer l’autorisation. Sans cette étape, le premier prélèvement sera rejeté – avec des pénalités à la clé.
Autre point de vigilance : ce type de mandat ne peut pas être enregistré sur un compte courant classique. La quasi-totalité des banques exige un compte professionnel dédié. C’est une contrainte parfois douloureuse pour les micro-entrepreneurs, mais elle est incontournable.
Prélèvement b2b dgfip compte comptable : quel compte utiliser pour enregistrer ces prélèvements ?
C’est la question que se posent beaucoup de dirigeants qui gèrent eux-mêmes leur comptabilité. Voici les comptes généralement utilisés :
- TVA collectée à décaisser : compte 44551
- Acomptes d’impôt sur les sociétés : compte 444
- CFE : compte 63512
L’essentiel est de faire correspondre chaque débit bancaire à la bonne déclaration fiscale. Un rapprochement bancaire rigoureux – comparer chaque ligne du relevé avec les avis d’imposition reçus – permet d’éviter les erreurs et de garder une comptabilité propre.
Ne confondez jamais un prélèvement DGFiP avec un prélèvement URSSAF : ce sont deux circuits totalement distincts.
Quels sont les frais et pénalités en cas de problème ?

La mise en place du mandat est gratuite. En revanche, un rejet de prélèvement coûte cher. Votre banque peut facturer des frais de rejet (variables selon les établissements), et la DGFiP applique une majoration de 5 % sur les sommes non réglées à temps, assortie d’intérêts de retard de 0,20 % par mois.
Si vous changez de banque, pensez immédiatement à refaire la procédure de mandat pour votre nouveau compte. C’est l’erreur la plus fréquente : le prélèvement est envoyé vers l’ancien compte fermé, il est rejeté, et la pénalité tombe sans prévenir.
Prélèvement dgfip professionnel : avis sur le prélèvement B2B DGFiP
Dans l’ensemble, les retours des chefs d’entreprise et indépendants sont plutôt positifs sur le fond. L’automatisation des paiements fiscaux supprime le risque d’oubli – un vrai soulagement pour les TPE qui gèrent tout en solo. Fini le stress du 15 du mois à se rappeler si on a bien viré la TVA.
Mais le système n’est pas sans friction. Les experts-comptables signalent régulièrement des situations compliquées lors des changements de banque ou des ouvertures de compte.
L’interface du portail des impôts peut donner une fausse impression de tranquillité – afficher « vous êtes à jour » alors qu’un rejet est en cours de traitement en coulisses.
Les auto-entrepreneurs assujettis à la TVA expriment quant à eux une frustration légitime : l’obligation d’ouvrir un compte professionnel – souvent payant – uniquement pour répondre à cette exigence technique, alors que la loi ne l’impose pas en tant que telle.
Un angle mort du système que l’administration n’a pas encore vraiment résolu.
En résumé : le prélèvement B2B DGFiP est un outil efficace et fiable, à condition d’avoir bien préparé le terrain en amont – mandat transmis, compte provisionné, procédure refaite en cas de changement bancaire. La mécanique est simple ; c’est l’anticipation qui fait toute la différence.











