Alexandre et Associés : harcèlement, SMS et lettres rouges — ce que vous devez savoir

Alexandre et Associés

Un SMS reçu à 6h du matin réclamant 2 210 € à payer sous 48h. Une lettre rouge glissée dans la boîte aux lettres, menaçant une visite imminente.

Pour des milliers de personnes contactées par Alexandre et Associés, la pression est immédiate – mais les droits existent. Voici ce que vous devez savoir avant de payer quoi que ce soit.

Qui est Alexandre et Associés?

Le cabinet opère sous la dénomination officielle Groupe Alexandre Grand-Ouest. Sa forme juridique est une SELAS – Société d’Exercice Libéral par Actions Simplifiée – immatriculée sous le numéro RCS 527 690 242 RCS Angoulême.

Le siège social est situé au 224 Rue Fontchaudière, CS72219, 16022 Angoulême Cedex. Le numéro de téléphone le plus fréquemment signalé est le 05 45 95 95 95, avec un second numéro apparu dans des SMS récents : le 05.79.20.02.25. L’adresse email de contact communiquée est contact@alexandre-associes.com.

Le cabinet intervient dans le recouvrement amiable et judiciaire de créances pour le compte de créanciers tiers. Si vous recevez un courrier ou un SMS de leur part, c’est qu’un créancier leur a confié un dossier vous concernant – ou prétendant vous concerner.

Avis et signalements : ce que les victimes rapportent

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Sur signal-arnaques.com, le bilan est lourd : 107 commentaires déposés et 12 signalements formels pour Alexandre et Associés. Les témoignages convergent sur plusieurs schémas répétés.

Le premier grief est le harcèlement pour des dettes inexistantes. Des personnes décrivent avoir été relancées pendant plus d’un an malgré des demandes écrites et répétées de cessation, pour des sommes qu’elles ne reconnaissent pas devoir. Certains évoquent des créances rachetées à des tiers, dont ils n’ont jamais eu connaissance.

Le deuxième point marquant : au moins 75 personnes se seraient portées parties civiles contre le cabinet devant le Palais de justice d’Angoulême, selon des témoignages relayés sur commentcamarche.com. Ce chiffre – si précis – indique que la situation a dépassé le stade des simples plaintes en ligne.

Un cas illustratif rapporté sur signal-arnaques.com : le cabinet réclamait 5 700 € pour une dette initiale de 3 000 €, soit près du double, frais inclus. Ce type de gonflement des montants est légalement encadré, et tout écart doit pouvoir être justifié par des éléments contractuels précis.

SMS et lettres rouges : des pratiques légales ou intimidantes?

Le SMS reçu à 6h du matin avec la mention « IMPORTANT : Impayé de 2 210,00 €. Contactez Alexandre & Associés au 05.79.20.02.25 sous 48h » est le cas le plus signalé.

Légalement, un huissier ou cabinet de recouvrement n’est pas tenu de passer uniquement par lettre recommandée : SMS, email et courrier simple sont des canaux autorisés. Le cabinet le reconnaît lui-même sur son site.

Mais l’horaire d’envoi pose un problème concret. Les relances de recouvrement doivent respecter des plages horaires raisonnables – entre 8h et 20h, hors dimanches et jours fériés. Un SMS à 6h du matin sort de cette fenêtre et peut caractériser un comportement abusif.

La lettre rouge, quant à elle, se présente comme un « Dernier avis de mise en recouvrement » avec une mise en page pensée pour alarmer. La couleur rouge, le format, la formulation – tout est conçu pour déclencher une réaction immédiate.

Mais ce papier rouge n’a aucune valeur juridique supérieure à un courrier ordinaire. Il n’ouvre aucun droit à saisie. C’est une technique d’intimidation, pas un acte de procédure.

Le délai de 48h affiché dans les SMS suit la même logique. Aucun texte de loi n’impose un règlement sous 48h dans le cadre d’un recouvrement amiable.

Ce délai artificiel vise à court-circuiter votre réflexion – et à vous faire payer avant que vous n’ayez vérifié quoi que ce soit. Si vous recevez ce type de SMS réclamant de l’argent, prenez le temps de vérifier la réalité de la dette avant toute action.

Que faire quand un huissier vous harcèle?

Alexandre et Associés harcèlement

Le cadre pénal existe, et il est applicable. L’article 222-16 du Code pénal sanctionne les appels téléphoniques malveillants et les envois réitérés de messages à caractère intimidant. L’article 222-18 couvre les menaces. Les peines prévues : 1 an d’emprisonnement et 15 000 € d’amende, portés à 45 000 € en cas de circonstances aggravantes.

Ces textes s’appliquent même quand l’expéditeur est un cabinet de recouvrement. La qualité professionnelle ne confère pas d’immunité face à des pratiques répétées et abusives.

Les recours concrets disponibles sont les suivants :

  • Dépôt de plainte au commissariat ou à la gendarmerie, en citant explicitement les articles 222-16 et 222-18 du Code pénal
  • Signalement à la DGCCRF (Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes) pour pratiques commerciales abusives
  • Saisine du médiateur de la consommation, recours gratuit disponible avant toute action judiciaire
  • Contact avec une association de consommateurs (UFC-Que Choisir, CLCV) pour un accompagnement sans frais

Des cabinets comme Bocchio et Associés font l’objet de signalements similaires – le phénomène n’est pas isolé à une seule entité, et les recours restent les mêmes quel que soit le cabinet.

Absence de titre exécutoire : aucune saisie n’est possible sans jugement

C’est le point que la plupart des personnes contactées ne connaissent pas : un cabinet de recouvrement amiable ne peut procéder à aucune saisie sans titre exécutoire. Un titre exécutoire, c’est une décision de justice – un jugement rendu par un tribunal.

Une lettre rouge, un SMS, même un appel d’un huissier mandaté en amiable : aucun de ces actes ne vous expose à une saisie immédiate. Pour saisir un compte bancaire, un salaire ou un bien, le créancier doit d’abord obtenir un jugement, puis mandater un commissaire de justice pour l’exécution forcée.

Cette réalité change la lecture de toute la pression exercée. Le délai de 48h, la lettre rouge, les appels répétés : tout cela vise à obtenir un paiement volontaire avant que vous réalisiez que vous n’êtes pas encore légalement contraints.

Que se passe-t-il après 7 ans de non-remboursement d’une dette?

Alexandre et Associés cabinet d'avocats

En droit français, les délais de prescription varient selon la nature de la créance. Pour une dette entre particuliers et professionnels (contrat de consommation), le délai est de 2 ans à compter du jour où le créancier a eu connaissance du défaut de paiement. Pour une dette entre professionnels, ce délai monte à 5 ans.

Au-delà de ces délais, la dette est prescrite : le créancier ne peut plus en exiger le paiement en justice. Certaines créances fiscales ou sociales suivent des règles différentes, mais pour l’essentiel des dettes de consommation, 5 ans suffisent pour que la dette soit irrecevable en tribunal.

Si Alexandre et Associés vous relance pour une dette ancienne, vérifiez la date du dernier acte interruptif de prescription (une mise en demeure, une reconnaissance de dette, un paiement partiel). Sans acte récent, une dette de plus de 5 ans peut être légalement forclose. Aucun paiement ne devrait être effectué avant cette vérification.

Comment mettre fin aux sollicitations d’Alexandre et Associés?

La première étape est d’envoyer un courrier recommandé avec accusé de réception au siège du cabinet (224 Rue Fontchaudière, CS72219, 16022 Angoulême Cedex) pour demander la cessation de tout contact, en invoquant votre droit d’opposition au traitement de vos données personnelles prévu par le RGPD. Ce droit d’opposition est opposable dès réception du courrier.

Si les contacts persistent après cet envoi, les démarches suivantes s’enchaînent logiquement :

  • Signalement sur signal-arnaques.com pour documenter le cas et alerter d’autres personnes
  • Plainte auprès de la CNIL pour non-respect du droit d’opposition RGPD
  • Signalement à la DGCCRF via le formulaire SignalConso
  • Dépôt de plainte pénale si les contacts présentent un caractère intimidant ou répété

Conservez absolument toutes les traces : captures d’écran des SMS avec horodatage, copies des courriers reçus, journal des appels avec dates et heures. Ces éléments constitueront votre dossier en cas de procédure. Si votre situation implique également des prélèvements bancaires non reconnus, contestez-les en parallèle auprès de votre banque.

Une lettre rouge ne vaut pas un jugement. Un SMS à 6h du matin ne vaut pas une injonction. Ce que vous recevez est une pression commerciale – elle s’arrête quand vous actionnez les bons leviers.