Le 1er mai 2025, le tarif réglementé du gaz recule de 6,4 % – une première bonne nouvelle pour les ménages depuis plusieurs mois. Mais 88 € d’économie annuelle pour un foyer moyen, c’est aussi moins de 7,50 € par mois. Voilà ce que cache le communiqué officiel.
Ce que change concrètement le 1er mai 2025 sur votre facture
Le prix du kWh pour les foyers qui se chauffent au gaz passe de 0,12412 € à 0,1162 € au 1er mai 2025, selon les données publiées par la Commission de Régulation de l’Énergie (CRE). Exprimé en MWh, le tarif TTC recule de 150,70 € à 142,77 €, soit une baisse de 5,3 % sur l’unité de référence professionnelle.
Pour un foyer type consommant 11 200 kWh par an, la facture annuelle descend de 1 667 € à 1 579 €, d’après les calculs de Selectra. Soit 88 € de moins sur douze mois, ou environ 7,30 € de gain mensuel.
La situation diffère selon votre usage. Si vous n’utilisez le gaz que pour l’eau chaude sanitaire et la cuisson, votre tarif au kWh passe de 0,1530 € à 0,1451 %, soit -5,16 % – un peu moins que pour les gros consommateurs. La part fixe de l’abonnement, elle, reste identique dans les deux cas.
Comment ce nouveau tarif est-il calculé?
En France, le prix réglementé du gaz est fixé chaque mois par arrêté ministériel, sur proposition de la CRE. Le régulateur applique une formule d’indexation qui intègre principalement les cours du gaz naturel sur les marchés européens, notamment le hub TTF néerlandais, référence continentale pour les trades en gros.
La facture TTC que vous recevez comprend plusieurs couches : la part énergie (la plus volatile), le tarif d’acheminement sur les réseaux GRDF (fixé pour plusieurs années), les taxes – dont la TVA à 20 % sur la part énergie et 5,5 % sur l’abonnement – et la contribution au service public du gaz. Sur ces composantes, seule la part énergie a baissé en mai 2025.
Le recul s’explique par la détente des cours du gaz en Europe depuis l’hiver 2024-2025, les stocks européens restant bien remplis et la demande industrielle en retrait. La CRE répercute mécaniquement ces évolutions avec un décalage d’environ un à deux mois.
88 € d’économie annuelle : une baisse qui reste modeste face à l’inflation des deux dernières années
Pour apprécier ce chiffre, un rappel s’impose. Entre janvier 2022 et le pic de 2023, le tarif réglementé du gaz a bondi de plus de 70 % en cumulé. La facture d’un foyer type qui tournait autour de 1 100 € annuels avant la crise énergétique a dépassé 1 700 € à certains moments.
La baisse de mai 2025 ramène la facture à 1 579 €. L’écart avec les niveaux d’avant-crise reste donc de 400 à 450 € par an pour un profil de consommation standard. En d’autres termes, la correction ne compense qu’une fraction des hausses accumulées depuis trois ans.
Sur les douze derniers mois, les baisses successives ont allégé la facture d’environ 15 à 18 % par rapport au pic. C’est réel, mais le niveau de 2019 reste hors d’atteinte à court terme. Les analystes du secteur tablent sur une stabilisation autour des niveaux actuels plutôt que sur un retour aux prix d’avant-crise.
Quels foyers profiteront le plus de cette baisse?
L’impact réel dépend avant tout du volume consommé. Un foyer de quatre personnes dans une maison individuelle chauffée au gaz en région Hauts-de-France peut consommer entre 15 000 et 20 000 kWh/an. Pour ce profil, l’économie annuelle dépasse 150 €, soit le double du foyer type de référence.
À l’opposé, un appartement parisien de 40 m² avec chauffage collectif, qui utilise le gaz uniquement pour la cuisine, consomme rarement plus de 1 500 kWh/an. Le gain annuel y sera inférieur à 15 €. La baisse est réelle mais anecdotique sur le budget mensuel.
La zone géographique joue aussi un rôle indirect : les logements mal isolés dans les zones climatiques froides consomment structurellement plus, et donc bénéficient davantage de chaque variation tarifaire à la baisse – comme ils avaient davantage souffert des hausses.
Faut-il rester au tarif réglementé ou changer de fournisseur en mai 2025?
Depuis la fin du tarif réglementé de vente (TRV) pour les particuliers, supprimé en juillet 2023, le « tarif de référence » publié par la CRE sert de benchmark, mais vous devez obligatoirement souscrire une offre de marché. La comparaison n’est donc plus entre TRV et offres alternatives, mais entre les différentes offres indexées ou fixes disponibles.
Les offres à prix fixe sur 12 ou 24 mois présentent aujourd’hui des niveaux proches du tarif de référence de mai 2025, parfois légèrement inférieurs. Elles protègent contre une éventuelle remontée des cours, mais vous font manquer d’éventuelles nouvelles baisses.
Les critères pour décider sont simples :
- Votre consommation annuelle dépasse 10 000 kWh : un tarif fixe bas verrouillé maintenant peut valoir le changement
- Vous êtes en offre indexée avec des frais de résiliation nuls : comparez chaque trimestre
- Votre contrat actuel inclut une prime de bienvenue non encore perçue : attendez avant de partir
- Vous êtes éligible aux chèques énergie : vérifiez que le changement de fournisseur n’en perturbe pas le versement
Une baisse de 6,4 % sur le tarif de référence ramène le marché à un niveau plus acceptable – sans pour autant effacer trois ans de choc énergétique. Pour les gros consommateurs, chaque centime au kWh compte. Pour les autres, l’essentiel reste ailleurs : l’isolation du logement, pas la ligne du contrat.











