Non, un courtier n’est pas obligatoire : depuis la loi Lemoine (2022), vous pouvez résilier seul, à tout moment et sans frais. Le gain moyen est élevé – 15 600 € sur 20 ans pour les emprunteurs qui ont changé d’assurance en 2025, selon l’étude UTWIN – mais c’est une moyenne, pas une promesse pour votre dossier. Le courtier devient un vrai plus dans certains cas seulement : profil de risque atypique, peu de temps, ou peu d’aisance avec la comparaison de garanties.
Ce que la loi vous autorise aujourd’hui
La liberté de choisir son assurance de prêt date de loin, mais elle est désormais quasi totale. Depuis la loi Lemoine (2022), vous pouvez résilier votre contrat à tout moment, sans frais et sans attendre une date anniversaire. Avant, il fallait respecter des fenêtres (première année, puis date anniversaire avec préavis de 2 mois).
La banque ne peut pas vous imposer son contrat groupe. Elle doit répondre à votre demande dans un délai de 10 jours ouvrés, sous peine d’amende. Vous n’êtes donc ni bloqué ni pénalisé, et rien dans la procédure n’exige un intermédiaire : l’emprunteur peut mener toute la démarche en direct.
Une réserve pèse sur la banque comme sur vous : le nouveau contrat doit offrir des garanties jugées équivalentes à celles que la banque exige. Si elle estime qu’elles ne le sont pas, elle peut refuser le changement. Ce point se vérifie avant de résilier quoi que ce soit.
Ce que gagnent réellement ceux qui changent
Les chiffres disponibles donnent un ordre de grandeur encourageant :
- 15 600 € d’économie moyenne sur 20 ans pour ceux qui ont changé en 2025 (étude UTWIN) ;
- 65 € par mois en moyenne en passant par un contrat alternatif ;
- selon l’Apcade, 46 % des emprunteurs ayant changé déclarent avoir économisé plus de 5 000 €, et 15 % plus de 10 000 €.
Ces données ont des limites. Ce sont des moyennes ou des déclarations, et l’étude UTWIN ne dit ni quel était le profil de ces emprunteurs, ni s’ils sont passés par un courtier ou par eux-mêmes. Elles ne comparent donc pas les deux voies.
Le profil joue beaucoup. Les plus de 45 ans ont bénéficié de baisses de cotisations de l’ordre de 35 %, ce qui rend le gain potentiel généralement plus élevé pour eux. Pour les profils standards, les tarifs moyens des contrats alternatifs ont reculé d’environ 27 % entre 2020 et 2025.
Trois paramètres de votre propre prêt déterminent l’économie cumulée : le capital restant dû, la durée restante et votre taux de cotisation actuel. Plus les deux premiers sont élevés et plus le troisième est haut, plus il y a de marge. À l’inverse, si votre assurance groupe est déjà bien placée en tarif, le gain peut être faible, voire nul : la comparaison reste utile, mais elle ne garantit aucune économie.
Pourquoi si peu d’emprunteurs changent
Le droit est large, la pratique timide. Seuls 17 % des emprunteurs ont changé d’assurance en 2024, et la loi Lemoine n’est connue que de 27 % des Français (baromètres APRIL). Côté marché, les contrats groupe des banques captent encore 85 % des cotisations selon l’ACPR, la délégation d’assurance représentant 14,0 % en 2025 selon France Assureurs (deux sources aux périmètres peut-être différents, à prendre avec prudence).
Rester sur le contrat de la banque est donc la situation courante, pas l’exception. Mais cela veut aussi dire que beaucoup d’emprunteurs ne se sont jamais posé la question du tarif : la poser maintenant n’a rien d’excessif, d’autant que le prêt peut être déjà signé comme sur le point de l’être.
Courtier ou démarche en direct : ce qui change concrètement
Le courtier fait en pratique trois choses : il compare des offres alternatives pour votre profil, il monte le dossier, et il gère l’échange avec la banque, notamment sur l’équivalence des garanties. En direct, vous faites chacune de ces étapes vous-même : demander des devis, comparer les garanties ligne à ligne avec celles exigées par votre banque, déposer la demande et suivre la réponse.
Aucune donnée de la recherche ne montre qu’un courtier fait économiser davantage qu’une démarche en direct, et nous n’avons ni tarif ni commission à vous communiquer : à vous de vérifier auprès de chaque professionnel comment il est rémunéré avant de vous engager.
Le choix dépend surtout de deux variables :
- Votre profil de risque (santé, profession, tabagisme). Il détermine la tarification des contrats alternatifs. Si votre profil sort du standard, trouver des offres adaptées prend du temps, et c’est là qu’un accompagnement peut avoir du sens.
- Votre aisance avec la comparaison de garanties. Si lire des conditions générales et les rapprocher de la fiche de garanties de la banque ne vous rebute pas, la démarche en direct est réaliste. Sinon, déléguer fait gagner du temps.
Une exception facilite les choses pour certains profils à risque : pour un prêt de 200 000 € ou moins, remboursé avant vos 60 ans, la loi Lemoine supprime le questionnaire de santé. Les deux conditions sont cumulatives. Dans ce cas, l’accès à une assurance alternative est moins sensible à l’état de santé, que vous passiez par un courtier ou non.
Comment passer à l’action
Quelle que soit la voie choisie, l’ordre des étapes compte :
- Comparer des offres. Rassemblez votre contrat actuel, votre tableau d’amortissement et la fiche de garanties exigée par la banque. Demandez des devis à contrats équivalents. Un courtier peut prendre en charge cette collecte et ce rapprochement.
- Faire accepter l’équivalence des garanties. Soumettez le nouveau contrat à la banque, qui doit répondre sous 10 jours ouvrés. C’est le point de blocage possible : elle peut refuser tant que les garanties ne sont pas alignées. Le courtier peut ici gérer l’échange et ajuster le contrat si besoin.
- Résilier l’ancien contrat, une fois l’équivalence acceptée. Ne résiliez jamais avant d’avoir cet accord : vous risqueriez de rester sans assurance valable sur votre prêt. Le courtier peut aussi se charger des formalités de résiliation.
Un mot sur la vigilance générale : comme pour tout prélèvement ou frais bancaire inhabituel, un libellé inconnu sur votre relevé mérite vérification avant d’agir, y compris lorsque vous changez de contrat et que les prélèvements d’assurance évoluent.
Pour une première action, relevez le taux de cotisation de votre assurance actuelle et le capital restant dû sur votre prêt, puis demandez une ou deux simulations alternatives. Le chiffre obtenu vous dira si le gain justifie de poursuivre, et si vous préférez ensuite avancer seul ou vous faire accompagner.











